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Jean-Louis Aubert - “Le public donne énormément d’énergie”

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Tahiti, le 17 septembre 2026 - Jean-Louis Aubert se produit ce samedi soir au Parc Vairai dans le cadre de l’organisation des Francofolies de Tahiti. Une première pour le chanteur depuis 1983 à l’époque de son groupe Téléphone. Après avoir enflammé la scène calédonienne le week-end dernier, le rockeur français va tout donner pour le Fenua. Interview. Tu sors des Francofolies à Noumea. Comment ça s'est passé ? “C'était très, très bien. Il y avait du monde, il y avait une super ambiance, et aussi c'était une colline qui faisait une très belle salle de festival. Nous étions très émus de jouer... On se regardait beaucoup dans les yeux, j'ai trouvé.” Samedi soir, c’est le PAFINITOUR qui sera joué ? “On est sur le paencorefinitour [rires] parce qu'on l'a prolongé depuis l'année dernière, et il est possible que la prochaine fois, ça sera toujourpafinitour [rires]. Ça me rappelle les tournées de Dylan, Never Ending Tour. C'est quand même les grands fantasmes des artistes, même si, des fois, on est un peu sur les rotules. Mais on adore quand même la scène. On adore aussi se balader dans les médias, parce qu'on comprend mieux le monde.” Justement, la carrière est quand même bien fournie. Qu'est-ce qui donne envie de repartir sur la route en permanence ? “C'est un vieux truc. Déjà Lao Tseu a dit, ‘Trouve un travail que tu aimes, et tu ne travailleras plus jamais de ta vie’. Et il avait raison. Tous ceux qui arrivent à trouver un petit créneau qu'ils aiment, en général, ils n'ont pas envie d'arrêter. Ils s'accrochent. Que ce soit l'artisanat, que ce soit, quelques fois malheureusement, la politique. Je n'aime pas le mot carrière, parce qu'on a l'impression de creuser. Moi, je préfère que ce soit une carrière à ciel ouvert. Il y a quand même des moments de solitude quand on écrit des chansons, et des moments de petite équipe quand on fait des albums. II y a tout un parcours qui passe de la solitude et de l'intime au concert, à l'universel aussi. C'est vraiment ce parcours qui est très intéressant. Tous ces moments sont aussi importants les uns que les autres, finalement. C'est vraiment super. J'ai toujours rêvé de traverser, que le monde me prenne dans ses bras. Mais aussi de traverser le monde en diagonale, de ne pas avoir d'interdits, de pouvoir parler, de pouvoir passer une nuit avec un SDF, ou de pouvoir passer un moment avec un président de la République. Rien ne me fait peur, j'aime bien ça.” Qu'est-ce qu'on peut attendre samedi soir, sur scène, avec toi ? “Je ne sais pas. J'aime bien qu'ils ne s'attendent pas trop. En fait, j'aime beaucoup aussi faire tomber le jugement. En général, pour faire tomber le jugement, il faut peut-être faire ses preuves au début du concert. Après, j'adore que les gens s'aperçoivent qu'ils ont dansé pendant tout le show, qu'ils ont levé les bras. Ils seront peut-être à côté de leur voisin… mais le voisin fait pareil. J'adore quand le jugement tombe et qu'on rentre dans l'émotion. On écoute un peu les textes avec l'énergie de la musique. Il y aura beaucoup de chansons que, j'espère, vous connaîtrez. Les anciennes chansons ne me font pas peur, parce que je les adore aussi. Ces chansons, je les adore comme si quelqu'un d'autre les avait écrites. La bombe humaine, c'est deux mots que j'ai mis l'un à côté de l'autre quand j'étais adolescent, qui n'existaient pas. Et tout d'un coup, c'est comme si le monde me répondait. Et puis il y aura des chansons plus intimes, comme Alter Ego.” C'est ton deuxième passage uniquement en Polynésie ? Oui. Le premier, c'était en 1983 [nous lui sortons l’affiche de l’époque)] “Mais oui, C'était l'époque “Dure Limite”. Je me souviens qu'on était à Tetiaroa, et sur la plage, j'ai écrit une chanson qui s'appelle “Le Taxi”, que j'aime beaucoup d'ailleurs. C'est une chanson assez urbaine. Je ne sais pas pourquoi je l'ai écrite sur cette plage. Je me souviens très bien du moment.” Quand tu vois cette affiche, tu te doutais que tu serais encore sur scène aujourd'hui ? “Je vis toujours le moment présent. J'ai vraiment l'impression que c'était hier. Je pense que pour nous tous, c'est pareil. Quand on se retourne sur le temps, on a l'impression qu'il passe très vite. Mais il y a aussi le temps émotionnel, qui est comme les coups de foudre, les chagrins, les pertes, tout ça qui sont des petits ventres. Et le public donne énormément d'énergie. Je crois qu'au bout de 50 ans de musique, on a l'impression qu'on a accompagné les gens comme s'ils étaient de la même famille. J'aurais aimé rencontrer Rimbaud et Baudelaire, mais en fait, j'ai fréquenté Gainsbourg, Houellebecq ou Barbara, et c'est la même chose. J'ai l'impression d'être dans mon siècle. Peut-être que si j'avais 18 ans aujourd’hui, je ferais du rap. Je serais Orelsan. Son attitude me plaît, et je trouve qu’il écrit bien.” Tu as acheté un ukulele en Nouvelle-Calédonie. Tu pourrais en jouer ? “Il est super, il sonne vraiment bien. Quand je le serre contre mon ventre, il a un son électro. C'est marrant, la manière de le frotter, ça m'ouvre les oreilles. Il n'est pas amplifié pour l'instant, je ne sais pas si je pourrais en jouer, mais j'adore ça, et c'est certainement ce que m'a apporté ce voyage, cette oreille sur le ukulele que je connaissais, mais lui avec ses huit cordes qui sont en fil de pêche, c'est très différent de ce qu'on trouve en France.” Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti

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