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​Résilience et pénitence à l’assemblée

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Tahiti le 17 septembre 2023 - Rentrée budgétaire hier à l’assemblée de la Polynésie française pour le gouvernement. Face à une majorité d’élus désormais ouvertement opposée à son action, Moetai Brotherson est monté à la tribune pour un discours sobre, mais pas dénué de quelques piques à ces élus qui se dressent face à lui. “Résilience” . Moetai Brotherson a construit son discours introductif de la session budgétaire par ce mot qui veut aujourd’hui tout et rien dire. Depuis des années, le terme est galvaudé, sorti à toutes les sauces. Résilience économique, résilience climatique, résilience médicale. En 2023, Moetai Brotherson souhaitait un “développement inclusif et résilient” du numérique. Les femmes devaient être “résilientes” , pour Chantal Galenon lors de la 8e Conférence des ministres de la Condition féminine du Pacifique. L’économie devait être “résiliente” pour l’ancien ministre Tevaiti Pomare. Le marché du travail devait être “résilient” pour Vannina Crolas lors d’une réunion avec les tāvana des îles Marquises. Jordy Chan, à Singapour, souhaitait “rendre la ville plus agréable à vivre, inclusive et résiliente” au cours des prochaines dix à quinze années alors que l’État dans le même temps proposait des “Programmes inter Outre-Mer pour des Bâtiments Résilients et Économes en Énergie”. La résilience, les Polynésiens l’entendent et la vivent, des essais nucléaires à la crise énergétique actuelle, en passant par la crise Covid. Mais faute de vouloir présenter ses premiers axes de réflexions économiques pour 2027, Moetai Brotherson s’est agrippé à cette notion. Résilience alors que le feu couve dans les détroits d’Ormuz et Bab el-Mandeb. Résilience à l’approche d’une saison El Niño inquiétante. Résilience face aux incertitudes du numérique. Résilience aussi pour son gouvernement alors qu’il doit présenter son budget à une assemblée qui peut, et va, copieusement en faire ce qu’elle veut. Les élus ont d’ailleurs été prévenus. Dans ce “contexte particulier” , où “les équilibres ont changé” , Moetai Brotherson appelle les élus à la raison. “Contrôler l’action du gouvernement, ce n’est pas gouverner à sa place” , rappelle-t-il. Et pour ceux qui veulent jouer à la marchande, et faire pénitence pour la tournure prise lors du vote du collectif budgétaire, il a aussi rappelé aux groupes politiques que Tarahoi possède aussi son budget. “La solidarité n’est pas le monopole du gouvernement” , a-t-il remémoré aux élus, à la tête d’un budget de l’assemblée excédentaire de 1,4 milliard de francs. Mais Moetai Brotherson n’a pas uniquement invité chacun à se préparer au pire. Quelques paris sur l’avenir ont été évoqués. Une conférence des archipels en mars 2027 pour que les tāvana de chaque île ou atoll viennent exprimer leurs doléances, un rapprochement avec la Banque asiatique de développement, déjà évoqué lors de son récent passage au Forum du Pacifique, le maintien de l’investissement, des travaux pour “replacer l’école au centre de notre souveraineté” . Jeudi, si Moetai Brotherson a prévenu les élus que “la session budgétaire n’était pas une réunion de campagne” à quinze jours des sénatoriales, il n’a en revanche rien dévoilé de ce qui composera le budget 2027. Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti

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