La hausse des cas de VIH confirmée au Fenua
Tahiti, le 16 septembre 2026 - Selon nos informations, le nombre de nouvelles personnes atteintes par le virus du Sida cette année à déjà dépassé le chiffre de l’année dernière. Avec 27 cas confirmés début septembre, la hausse inquiète les autorités de santé. Le 1 er décembre 2025, il y a moins d’un an, le gouvernement de la Polynésie française communiquait, à l’occasion de la journée internationale de lutte contre le VIH “son engagement à s’inscrire dans l’objectif international visant à mettre fin au Sida comme menace de santé publique d’ici 2030” , ainsi que “sa mobilisation totale pour faire de la Polynésie française un territoire exemplaire dans la lutte contre le VIH au sein du Pacifique”. Depuis cette déclaration, les choses sont pourtant allées de mal en pis au Fenua. Alors que jusqu’en 2023, douze nouvelles infections au VIH étaient comptabilisées chaque année, les chiffres ont doublé : 26 nouveaux cas en 2025, et, selon nos informations, déjà 27 cas ont été identifiés à la fin du mois d’août de cette année. Il y a quelques mois, l’association nationale Agir contre le Sida, s’inquiétait de cette augmentation. “Les facteurs d’une épidémie ingérable sont réunis”, alertait pour sa part Maire Bopp du Pont, présidente d’Agir contre le Sida en Polynésie, association dont le numéro de téléphone n’est plus actif aujourd’hui. En avril dernier, Francis Spaak, directeur de la Direction de la santé, alertait au sujet de cette “augmentation préoccupante” afin d’ “éviter la catastrophe dans quelques mois” . Pour autant, la campagne de communication autour de la transmission du virus, ainsi que les manifestations qui devaient les accompagner sont toujours en gestation. En cause : le changement de ministre de la Santé en mai 2026 qui aurait, remis en question la campagne lancée. Coup de frein sur la vidéo de campagne pour être retouchée à la demande du cabinet de la nouvelle ministre, Raihei Sanquer, mais aussi des retards de financement liés aux tergiversations sur le dépôt, puis le vote du collectif 3 à l’assemblée de la Polynésie française, ainsi qu’un problème d’effectif au sein de la cellule communication de la Direction de la santé. Alors que début septembre, le nombre de cas de séropositivité est déjà équivalent à celui de toute l’année 2025, les autorités sanitaires s’inquiètent pour l’année prochaine avec la perspective des Jeux du Pacifique. La question de la participation de la délégation fidjienne (voir par ailleurs) aux cette manifestation sportive régionale qu’accueille Tahiti n’est pas remise en question, mais des préservatifs seront insérés dans les sacs fournis aux athlètes et seront aussi disponibles dans les centres d’hébergement. La campagne de lutte contre la propagation du Sida en Polynésie française, qui aurait dû débuter en août, serait aussi, selon nos informations, repoussée pour un lancement au premier décembre à l’occasion de la journée mondiale contre le Sida. La question de la lutte contre le VIH sera aussi abordée lors des travaux relatifs au VIH, à la santé communautaire, à l’implication des personnes concernées et au financement des réponses locales prévus dans le programme de la quatrième Pacific Human Rights Conference, que la Polynésie française accueille du 19 au 21 octobre prochain. Fidji, en état de catastrophe sanitaire Les îles Fidji ont déclaré il y a 48 heures l’état d’urgence nationale liée au VIH face à la flambée des cas, en partie alimentée par le problème croissant de consommation de méthamphétamine. On estime désormais qu'un adulte sur 60 dans cet archipel de moins d'un million d'habitants est atteint du Virus de l'Immunodéficience Humaine (VIH), ce qui va à l'encontre de la tendance mondiale à la baisse des taux de cette infection incurable mais traitable. En déclarant l'état d'urgence mardi, le ministre de la Santé, le Dr Atonio Lalabalavu, a indiqué que le pays avait enregistré 2 060 nouveaux diagnostics de VIH en 2025, qualifiant cela de signe de la “gravité de l'épidémie et de la réponse urgente et coordonnée dont notre pays a désormais besoin”. L'épidémie a atteint les nouveau-nés du pays : un bébé de deux mois est devenu le plus jeune patient identifié vivant à la fois avec le VIH et la tuberculose (TB), a annoncé cette semaine l'antenne fidjienne de l'organisation Save the Children. Le VIH attaque le système immunitaire et facilite la contraction de la tuberculose. L'an dernier, 59 bébés ont contracté le virus de leur mère, a précisé l'organisation. Ce phénomène, conjugué à la persistance des transmissions sexuelles alimentées par la faiblesse de l'utilisation du préservatif et par la stigmatisation, a rendu l'épidémie difficile à enrayer. Les Fidji ont enregistré 117 décès liés au VIH en 2025, contre 25 en 2021, selon les statistiques sanitaires nationales. La consommation de drogues et les rapports non protégés alimentent la crise sanitaire. Une femme enceinte sur 50 est infectée par le virus aux Fidji, a affirmé le ministre de la Santé, M. Lalabalavu. Les mères infectées peuvent également transmettre le VIH à leurs nourrissons pendant la grossesse, l'accouchement et l'allaitement. Dans son allocution de mardi, M. Lalabalavu a assuré que les Fidji agiraient “rapidement” pour faire face à l'urgence en élargissant le dépistage, le traitement et l'accès à la prophylaxie pré-exposition (PrEP) – un médicament préventif – tout en instaurant un programme officiel d'échange de seringues et d'aiguilles. 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