Temarama Varney : “Je ne serai pas candidat en 2028”
<div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;"> <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/97967638-68205462.jpg?v=1788916524" alt="Temarama Varney : “Je ne serai pas candidat en 2028”" title="Temarama Varney : “Je ne serai pas candidat en 2028”" /> </div> <div> <strong>Temarama Varney : “Je ne serai pas candidat en 2028”</strong> <br /> <br /> <strong>Tahiti, le 8 septembre 2026 – Tout juste élu au conseil municipal de Pirae sous les couleurs de A Here ia Porinetia, Temarama Varney veut déjà croire à ses chances au Sénat malgré l’imposant réservoir de grands électeurs du Tapura. L’enseignant et syndicaliste compte sur les réseaux tissés au fil de plusieurs décennies dans les milieux syndical, associatif, spirituel et sportif pour élargir son socle. Pour sa première bataille sénatoriale, il veut surtout aller chercher à Paris davantage de moyens pour les communes et prend un engagement : s’il est élu, il ne sera pas candidat aux territoriales de 2028. Entretien.</strong> <br /> <br /> <br /> <strong>Vous êtes entré au conseil municipal de Pirae il y a seulement quelques mois et vous voilà déjà candidat au Sénat. Qu’est-ce qui vous fait penser que vous êtes prêt pour un mandat national ?</strong> <br /> <br /> “Je suis syndicaliste depuis presque 20 ans. En 2013, j’ai monté un syndicat pour le second degré qui m’a permis, à partir de 2016, de me rendre très régulièrement à Paris comme membre du conseil national et du bureau national du SE-Unsa. J’y allais six à huit fois par an et j’ai ainsi participé à des rencontres avec différents ministères. Paris, je connais, ce ne sera pas une découverte pour moi. Ces dix années entre Paris et Tahiti m’ont poussé à franchir le pas. En tant que syndicaliste, on peut avoir de bonnes idées, vouloir faire avancer les choses, mais on reste face à ceux qui décident. Devenir sénateur me permettrait d’aller plus loin que ce que je faisais jusqu’à présent, notamment dans l’éducation et la fonction publique d’État. Ces années m’ont aussi permis de voir les difficultés auxquelles sont confrontés certains Polynésiens à Paris. J’ai pu aider des étudiants qui avaient des problèmes de logement, de compte bancaire ou d’inscription à la sécurité sociale. Quand on arrive là-bas, tout cela peut être compliqué.” <br /> <br /> <strong>Le Tapura part avec le socle de grands électeurs le plus important. Pour convaincre au-delà de Ahip, qu’est-ce qui vous distingue des autres candidats autonomistes ?</strong> <br /> <br /> “Nous partons avec un petit capital, mais un capital quand même, d’environ 60 grands électeurs. C’est déjà une base. Et j’ai derrière moi 30 à 35 ans d’engagement associatif. Je suis syndicaliste depuis 20 ans, enseignant, sportif, et également engagé dans mon Église. J’ai fait bouger tous ces réseaux pour pouvoir capitaliser des intentions de vote. C’est aussi là-dessus que je compte pour aller chercher des voix au-delà de Ahip.” <br /> <br /> <strong>Vous dites vouloir porter un projet “concret et réaliste”. Quels seraient vos dossiers prioritaires au Sénat ?</strong> <br /> <br /> “Il y a d’abord la Grasc, l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués. Aujourd’hui, lorsqu’un bien ou de l’argent est saisi en Polynésie, le produit repart à la Grasc et ne revient pas en Polynésie française. Un engagement a été pris par le garde des Sceaux en décembre 2025 pour que le dispositif soit étendu à la Polynésie au dernier trimestre 2026. L’idée est que cet argent puisse revenir ici et servir notamment à lutter contre les addictions et la drogue. Nous voulons pouvoir créer une structure pour aider les jeunes à sortir de l’addiction et accompagner les familles. On parle beaucoup de prévention, mais il faut aussi penser aux victimes, à l’après. Aujourd’hui, lorsqu’un jeune en situation d’addiction arrive à l’hôpital, il n’y a pas de structure adaptée pour le recevoir. Dans nos tournées, nous avons d’ailleurs interrogé certains maires pour savoir s’ils seraient prêts à accueillir ce type de structure dans leur commune. <br /> Le deuxième dossier, c’est France Ruralités. Ce dispositif existe depuis 2023 mais n’est pas étendu à la Polynésie alors que, selon nos travaux, les 48 communes pourraient en bénéficier. Il permet de financer des moyens humains, mais aussi du fonctionnement et de l’investissement sans venir peser directement sur le budget des communes. Cela pourrait permettre de maintenir ou de relancer certains services, des commerces, l’accès aux soins ou encore à Internet dans des communes isolées.” <br /> <br /> <strong>Le Sénat est souvent présenté comme la chambre des collectivités. Qu’est-ce que les communes polynésiennes attendent aujourd’hui de Paris que leurs sénateurs ne leur apportent pas suffisamment ?</strong> <br /> <br /> <strong>“</strong>Dans nos tournées, les élus nous parlent beaucoup du fonctionnement. Ils ont besoin d’argent pour faire fonctionner leurs services. Nous constatons que l’État pourrait augmenter sa participation. Il faut aller chercher davantage de moyens, notamment en fonctionnement. C’est aussi pour cela que notre troisième proposition concerne le FIP, le Fonds intercommunal de péréquation. Aujourd’hui, ce sont essentiellement les recettes fiscales du Pays qui l’alimentent. Nous voulons obtenir une contribution plus importante de l’État au financement des communes. Cela pourrait représenter, selon nos calculs, environ 3,5 milliards de francs supplémentaires. L’idée ne serait pas forcément de répartir ces moyens entre toutes les communes, mais qu’elles puissent s’en emparer en fonction de leurs projets et de leurs besoins, éventuellement à travers le [Syndicat pour la promotion des communes], qui pourrait en assurer la gestion et déterminer leur attribution. Ce sont les communes qui doivent en être les bénéficiaires au final.” <br /> <br /> <strong>Si vous êtes élu, quel engagement prenez-vous aujourd’hui sur lequel on pourra vous demander des comptes dans six ans ?</strong> <br /> <br /> “Si je suis élu sénateur, je ne briguerai pas de siège à l’Assemblée de la Polynésie française. Je l’ai annoncé aux communes que j’ai visitées et à mon groupe : je me consacrerai entièrement à ce mandat. Je pourrai conserver mon mandat de conseiller municipal, parce que mon objectif est aussi de devenir maire de Pirae. Mais je ne serai pas candidat aux territoriales en 2028. C’est un engagement ferme. Je l’ai promis. Et si je pars à Paris, mon mandat ne sera pas seulement consacré aux communes de Tahiti et Moorea, mais aussi aux îles. Je continuerai à m’y déplacer pour rencontrer les élus et faire venir les équipes mobiles et les moyens humains dont les communes éloignées ont besoin.” </div> <br style="clear:both;"/> <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>
