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La concurrence dans l’aérien est-elle la solution ?

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<div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;"> <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/97903807-68159577.jpg?v=1788412350" alt="La concurrence dans l’aérien est-elle la solution ?" title="La concurrence dans l’aérien est-elle la solution ?" /> </div> <div> <strong>Tahiti, le 2 septembre 2026 - Après la révélation en début de semaine de la volonté d’Air Moana de procéder à une nouvelle levée de fonds à hauteur de deux milliards de francs via de nouveaux investisseurs, le professeur de sciences économiques à l’Université de la Polynésie française, Christian Montet, a publié une tribune dans laquelle il revient sur la difficulté de mettre en place une réelle concurrence sur certains secteurs économiques du Fenua.</strong> <br /> &nbsp; <br /> <em>“Jusqu’à ce jour, les données économiques semblent justifier mes craintes”</em>, explique dans une tribune Christian Montet, professeur de sciences économiques à l’UPF.<em> “Air Tahiti et Air Moana sont, l’une comme l’autre, en difficulté financière. L’opérateur historique souffre, contraint notamment par ses obligations de service public. Quant au nouvel entrant, il peine à équilibrer ses comptes, alors même qu’il n’opère que sur les lignes les plus rentables.”</em> <br /> &nbsp; <br /> Analysant la situation déficitaire des deux sociétés, malgré des soutiens affichés par le Pays, l’économiste constate :<em> “Le Pays finance simultanément deux pertes : celle de l’opérateur historique, via la DSP et les compensations de continuité territoriale ; celle du nouvel entrant, via des aides déjà partiellement invalidées.”</em> <br /> &nbsp; <br /> L’entrée de la concurrence, selon lui, n’aurait donc pas fragilisé qu’une seule compagnie, mais deux dorénavant. Le tout, sans réel gain de prix pour les déplacements inter-îles.<em> “L’objectif recherché, comme le désenclavement des archipels et des prix raisonnables pour les résidents, ne dépend pas mécaniquement du nombre d’opérateurs”,</em> explique Christian Montet.<em> “Sur ce type de marché, il dépend largement de la qualité de la régulation. À quoi bon subventionner deux structures de coûts fixes largement redondantes (flotte, maintenance, personnel au sol, escales) si un seul acteur, correctement régulé, peut atteindre le même objectif à moindre coût pour le contribuable ?”</em>, s’interroge-t-il. <br /> &nbsp; <br /> Si l’entrée de la concurrence, notamment dans la téléphonie mobile et l’internet, a fait le jeu de la baisse de tarifs pour le consommateur, cette dernière n’est pas, selon le professeur de sciences économiques, le recours ultime, et surtout unique, pour y parvenir. <br /> &nbsp; <br /> Aussi, Christian Montet évoque “deux voies” potentielles qui <em>“permettent, en théorie, d’échapper à la concurrence financièrement insoutenable actuelle, tout en essayant de maintenir une pression sur les coûts et une incitation à l’efficacité”.</em> <br /> &nbsp; <br /> La première serait celle d’un monopole, bien régulé, sur l’ensemble du réseau, une option compliquée à mettre en œuvre, la compagnie choisie pouvant<em> “surestimer ses coûts pour justifier des prix élevés, alors que le gouvernement ne dispose pas des moyens de comparaison pour juger de l’efficience en question”.</em> <br /> &nbsp; <br /> La seconde option évoquée serait de <em>“substituer à la concurrence sur le marché une concurrence pour le marché : l’attribution, par appel d’offres périodique, de monopoles temporaires par lots géographiques, sur le modèle, par exemple, des liaisons aériennes écossaises sous obligations de service public (PSO), périodiquement mises en concurrence”.</em> <br /> &nbsp; <br /> Là aussi, une problématique se fait jour. Quid du personnel de la ou des compagnies qui officient et perdent une ligne à l’occasion de ces mises en concurrence périodiques ? Christian Montet apporte sa solution : <em>“Prévoir, lors du changement d’attributaire, la reprise du personnel affecté au service, selon un mécanisme inspiré, par exemple, du régime britannique TUPE (Transfer of Undertakings - Protection of Employment - regulations), qui organise le transfert des contrats de travail lors de certains changements d’opérateur.” <br /> &nbsp;</em> <br /> Une autre vision de la façon de faire baisser les coûts, sans nécessairement faire appel à la concurrence sur les lignes.<em> “La question n’est donc plus de savoir comment maintenir artificiellement deux compagnies en concurrence, mais quelle architecture institutionnelle permettrait d’obtenir les bénéfices de la concurrence sans supporter en permanence le coût de deux réseaux”</em>, interroge l’économiste en conclusion. <br /> &nbsp; <br /> Les prochaines années et le maintien, ou non, des deux compagnies apporteront certainement un début de réponse. </div> <br style="clear:both;"/> <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>

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