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Le “collectif de l’assemblée” adopté au bout d’une nuit blanche

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<div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;"> <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/97902276-68158971.jpg?v=1788392259" alt="Le “collectif de l’assemblée” adopté au bout d’une nuit blanche" title="Le “collectif de l’assemblée” adopté au bout d’une nuit blanche" /> </div> <div> <strong>Tahiti, le 2 septembre 2026 – “C’est le collectif de l’assemblée.” Après une nuit blanche, 72 amendements et près de seize heures à débattre ligne par ligne du collectif budgétaire n°3, Tavini, Tapura et A Here ia Porinetia se félicitaient mercredi matin d’avoir imprimé leur marque sur un texte finalement adopté à l’unanimité vers 6 h 30. Une lecture que tempère A Fano Ti’a : hors dossier ATN, les amendements n’ont déplacé que <em>"500 millions"</em> de francs et “99 %” de la copie reste celle du gouvernement, souligne Tematai Le Gayic. Tous s’accordent en revanche sur la qualité des échanges avec les ministres en l’absence de Moetai Brotherson.</strong> <br /> <br /> &nbsp; <br /> Les traits tirés mais la mine réjouie, les élus ont bouclé le collectif 3 au petit matin mercredi. Il était environ 6 h 30 lorsque le texte a finalement été adopté à l’unanimité, après une nuit entière à reprendre les dépenses mission par mission et à examiner les 72 amendements déposés. Pas de grand soir budgétaire, donc, mais une nocturne de l’apaisement à Tarahoi, où gouvernement et opposition auront surtout réappris à se parler et à s’écouter. <br /> &nbsp; <br /> Au terme de la nuit, les trois groupes d’opposition savourent surtout d’avoir pesé sur le texte. <em>“Ce collectif amendé, c’est celui de l’assemblée. Donc, absent ou pas, c’est le nôtre”</em>, résume Maurea Maamaatuaiahutapu, qui y voit une “<em>démonstration du travail collectif des partis de l’opposition”</em>. <br /> &nbsp; <br /> Un travail également salué par Lana Tetuanui. La sénatrice retient un collectif finalement <em>“soutenu par les élus de l’assemblée, tous bords confondus</em> et insiste sur le <em>“travail de fourmi”</em> mené en amont par la commission de l’économie et des finances, puis par les élus pour construire et défendre leurs amendements. Nicole Sanquer souligne de son côté que l’opposition a pu “<em>mettre une note qui nous ressemble dans ce collectif”</em>, notamment en recentrant les dépenses sur les urgences dans la santé, le social ou l’éducation et en renvoyant au budget 2027 ce qui pouvait attendre. <br /> &nbsp; <br /> Une réécriture dont Tematai Le Gayic relativise toutefois l’ampleur. <em>“Ces amendements représentent 500 millions. Ça représente 1 % du budget. […] Ce collectif à 99 % est le collectif du gouvernement”</em>, insiste le président d’A Fano Ti’a : sur les 34 milliards du texte, 33,5 milliards financent toujours les politiques publiques défendues par l’exécutif. <br /> &nbsp; <br /> <strong>Les ministres lâchent du lest</strong> <br /> &nbsp; <br /> Les élus ont néanmoins déplacé plusieurs curseurs. Parmi les ministres qui ont dû lâcher du lest, Maurea Maamaatuaiahutapu cite notamment le ministre des Grands travaux. <em>“Nous remercions quand même le ministre M. Jordy Chan. Même s’il a défendu ses inscriptions, ses AP </em>(autorisations de programme, NDLR),<em> il a tout de même été conciliant avec nous”</em>, souligne-t-elle. Plusieurs études, notamment autour des pistes cyclables ou de futurs équipements à Mama’o, ont ainsi été renvoyées au budget primitif 2027. <br /> &nbsp; <br /> Mais le principal arbitrage reste Air Tahiti Nui, qui échappe au calcul des 500 millions avancé par Tematai Le Gayic. Comme prévu, les élus ont finalement coupé la poire en deux. Les 300 millions de crédits de paiement prévus cette année sont maintenus pour sécuriser la commande des sièges, mais le prêt de 8,5 milliards proposé par le Pays ne survivra pas dans sa forme initiale. Une première tranche de 4 milliards sera bel et bien prêtée par le Pays, tandis que les 4,5 milliards restants devront être recherchés par ATN auprès des banques en 2027 et 2028. <br /> &nbsp; <br /> Un compromis assorti de garanties. Maurea Maamaatuaiahutapu cite notamment <em>“un calendrier de décaissement, un plan de redressement, un calendrier du rétrofit”</em>, tandis que Lana Tetuanui rappelle que le business plan promis par la compagnie est attendu en novembre. Elle insiste elle aussi sur le fait que la garantie du Pays à cet emprunt bancaire reste conditionnée aux éléments réclamés à la compagnie. <br /> &nbsp; <br /> <strong>Sans Brotherson, le ton change</strong> <br /> &nbsp; <br /> Cette séance nocturne aura surtout permis de tester une autre méthode. Tous les groupes ont salué la disponibilité des ministres, restés jusqu’au bout pour défendre leurs crédits, répondre aux questions et, parfois, convaincre les élus de retirer leurs amendements. Une qualité d’écoute à laquelle l’absence de Moetai Brotherson n’est pas étrangère. <br /> &nbsp; <br /> Nicole Sanquer est la plus directe : <em>“Son absence finalement ne nous a pas gênés”</em>, dit-elle, reprochant au président du Pays <em>“le ton méprisant qu’il a envers les élus”</em>. “<em>Il n’a pas cette écoute qu’aujourd’hui les ministres ont pu avoir pendant tout l’examen de ce collectif.”</em> <br /> &nbsp; <br /> Tematai Le Gayic refuse, lui, d’en faire une affaire de personnalité. Selon lui, la présence d’un président du Pays ramène nécessairement les confrontations entre chefs de parti et son absence a surtout permis de <em>“dépolitiser les débats”</em>. Mais il tire lui aussi une leçon de cette nuit pour un gouvernement privé de majorité : <em>“Les textes passent, à condition qu’il y ait un respect de l’assemblée et des amendements et des voix qui sont issues de tous les bancs.”</em> Cette fois, souligne-t-il, les ministres <em>“ne sont pas restés sur des postures”</em> et sont allés <em>“au bout du bout des discussions”</em>. <br /> &nbsp; <br /> Lana Tetuanui en a même plaisanté en fin de séance, lançant qu’il faudrait encore <em>“envoyer le président Moetai en mission la prochaine fois”</em>. Une boutade qui résume à sa manière l’ambiance d’une nuit où gouvernement et opposition auront finalement davantage discuté que ferraillé. <br /> &nbsp; <br /> <strong>Composer sans désarmer</strong> <br /> &nbsp; <br /> Mais le changement ne vient pas seulement du gouvernement. Deux mois plus tôt, le collectif 2 avait conduit au rejet du texte, au recours au 156-1 et jusqu’à la menace d’une motion de défiance, finalement jamais déposée. Cette fois, les oppositions ont choisi d’aller au bout de l’examen et de faire valoir leurs priorités en composant avec le gouvernement. Tematai Le Gayic y voit lui-même un changement de stratégie, avec des oppositions désormais davantage dans la recherche du <em>“consensus”</em>. Nicole Sanquer ne ferme pas pour autant la porte à un éventuel renversement de Moetai Brotherson. <em>“On n’est pas à l’abri”,</em> prévient-elle. <br /> &nbsp; <br /> L’expérience sera rapidement remise à l’épreuve. Le gouvernement devra déposer son projet de budget primitif 2027 sur le bureau de l’assemblée au plus tard le 15 novembre, avant son adoption d’ici au 31 décembre. Reste à savoir si chacun aura tiré les leçons de cette nuit, à commencer par le président du Pays, qui devra peut-être cette fois travailler sa copie en amont avec l’opposition devenue majoritaire à l’assemblée. <br /> &nbsp; </div> <br style="clear:both;"/> <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>

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