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​Ia ora Taharu’u s’oppose aux extractions

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Tahiti, le 3 novembre 2026 - À Papara, l’association Ia ora Taharu’u tire la sonnette d’alarme : elle s’oppose fermement au projet de curage avec extractions du bassin dégraveur de la rivière, dénonçant “des pratiques dangereuses pour les riverains et nuisibles à l’environnement” avec un seuil de déplacement des matériaux de l’ordre de 55 000 m 3 . Pour la Direction de l’équipement, il s’agit au contraire de “ protéger la vallée des crues” en commençant par extraire 18 000 m 3 avant le pic de la saison cyclonique. C’est un sujet particulièrement sensible à Papara, où la grande rivière de Taharu’u a été malmenée par des extractions à répétition par le passé. Créée en 2008, l’association Ia ora Taharu’u reste mobilisée sur le sujet. Elle a tiré la sonnette d’alarme il y a quelques jours, interpellée par le projet de curage avec extractions porté par la Direction de l’équipement (DEQ). Ces travaux ciblent le bassin dégraveur associé à des îlots d’accumulation de matériaux. Situé à environ 2 km de la route territoriale, cet ouvrage vise à retenir les blocs de pierre les plus imposants pour protéger l’aval de la rivière. Il n’a pas été entretenu depuis sa construction, il y a une dizaine d’années. ​“Des pratiques dangereuses” “Curer le bassin dégraveur pour protéger la vallée des crues” , c’est donc le principal argument mis en avant sur le site d’information réalisé dans le cadre de l’étude d’impact sur l’environnement menée par le bureau d’études Pae Tai Pae Uta. La période de consultation publique s’est tenue du 29 septembre au 28 octobre 2026, mais un onglet dédié aux questions des usagers reste actif. En parallèle, deux médiatrices poursuivent les rencontres sur le terrain. Insuffisant pour l’association, qui reste fermement opposée aux extractions “massives” , pointant “des pratiques dangereuses pour les riverains et nuisibles à l’environnement”. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, elle évoque un seuil de déplacement de 55 000 m 3 avec des risques encourus jusqu’à la plage et au spot de surf, à l’embouchure. “Nous ne sommes pas contre les curages, mais contre les extractions” , réaffirme Maire Grandin, trésorière et chargée de communication de Ia ora Taharu’u, tout en suggérant d’autres approches. “On demande au Pays de s’orienter vers des solutions alternatives, comme lancer un appel d’offres pour voir quels sont les propriétaires terriens qui seraient à même de mettre leurs terres à disposition moyennant rémunération pour pouvoir répondre aux besoins en matériaux dans le bâtiment. On a toujours milité pour les carrières de roche massive, comme en France, et le fait de promouvoir un mix de matériaux dans la construction. Les extractions fragilisent les berges : notre priorité, c’est la protection des riverains et de l’environnement.” “On n’a pas envie que notre rivière redevienne une carrière. On veut éviter un Punaru’u bis !” , ajoute Odile Villecourt Peugnet, en tant que secrétaire. Sécuriser les berges Le président de Ia ora Taharu’u, Pascal Teriinatoofa, qui siège désormais au conseil municipal, reste lui aussi opposé aux extractions. De son côté, le maire de Papara, Mike Teissier – qui comptabilise déjà deux interventions d’urgence à Taharu’u depuis sa prise de fonction, hors saison des pluies –, tempère. “Il faut qu’on puisse agir. La priorité, ce sont les administrés du fond et plus globalement la sécurisation des berges fragilisées. Le projet est suivi par un bureau d’études et cette fois-ci, la Direction de l’équipement fait en sorte qu’il y ait un dialogue avec les administrés et la commune. C’est avant tout en prévision de El Niño pour protéger la population” , rassure le tāvana. Le démarrage des travaux serait envisagé dès ce mois-ci, suivi d’une seconde phase l’année prochaine après la période de risque cyclonique. Ia ora Taharu’u a adressé un mail au ministère des Grands travaux et à la Direction de l’équipement la semaine dernière. L’association souhaite privilégier le dialogue, tout en étant déterminée à “empêcher ces travaux”. Elle n’exclut donc pas de saisir la justice ou d’organiser une mobilisation “en dernier recours, mais en espérant ne pas en arriver là”. ​Quelles garanties, côté Pays ? Sur ce dossier, le Pays souhaite “montrer patte blanche” , comme nous l’explique Tuterai Virau, chef du Groupement d’études et de gestion du domaine public (GEGDP). “Il s’agit surtout et avant tout de la sécurité des biens et des personnes pour anticiper le phénomène Super El Niño à venir. On a réalisé des relevés topographiques sur Taharu’u et il y a une zone en particulier qui pose problème : un îlot qui fait un peu plus de 4 000 m 2 et qui représente 18 000 m 3 de roches à évacuer pour que le bassin dégraveur puisse jouer son rôle d’amortisseur de crues et de retenue des matériaux. Pour cette fin d’année, c’est sur ce volume-là que les travaux seront réalisés” , assure-t-il. Une autre phase sera envisagée à partir de 2027 avec des volumes à définir. L’étude d’impact sur l’environnement évoque déjà un “ancien stock d’environ 22 000 m³ sur la berge, qui doit être mis en sécurité”. La prise en compte de l’écologie est mise en avant : une zone de nidification des canards à sourcils – espèce protégée par le Code de l’environnement – sera sanctuarisée, tandis que des “pêches de sauvetage” seront réalisées avec un ichtyologue. “Et il y aura un suivi environnemental systématique jusqu’à la fin des opérations pour voir comment évolue la rivière jusqu’à la plage, toujours pour la sécurité des riverains” , ajoute Tuterai Virau. S’agissant de la question épineuse des volumes, deux entreprises ont été sélectionnées suite à un appel d’offres. “ Elles seront rémunérées sur la base des matériaux extraits” qui viendront alimenter des secteurs d’activité “prédéfinis” . Un nouveau dispositif de suivi par GPS sera apposé sur l’ensemble des engins de chantier, en complément des pointeurs de la DEQ et de contrôles inopinés d’autres services. Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti

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