Quatre taureaux parés pour la relève
Tahiti, le 1er novembre 2026 - Arrivés par avion de Nouvelle-Calédonie, les quatre jeunes taureaux reproducteurs ont retrouvé le plancher des vaches. Ils s’acclimatent au plateau de Taravao avant de rejoindre différents élevages de Tahiti et des Raromata’i en faveur du développement de la filière polynésienne de production de viande bovine, qui mise sur les atouts éprouvés des races Droughtmaster et Brahmousin. Ils sont jeunes, beaux et vigoureux ! Quatre taureaux reproducteurs sont arrivés au Fenua jeudi soir par avion depuis Nouméa , où ils ont été soigneusement sélectionnés par les experts de l’UPRA bovine de Nouvelle-Calédonie. Âgés de 11 à 13 mois, Abime, Albin, Atomik et Atya pèsent déjà près d’une demi-tonne chacun. Après une quarantaine d’un peu plus d’un mois, ils ont voyagé dans des caisses de transport jusqu’au plateau de Taravao, où ils sont actuellement parqués pour une quinzaine de jours, le temps de s’adapter à leur nouvel environnement. Eau à volonté, herbe fraîche et tourteau de coprah, les jeunes taureaux recommencent à s’alimenter tranquillement. “Ils sont calmes et ils se reposent, c’est bon signe !” , observe André Tetuira, dit Ate, agent au service de l’élevage de la Direction de l’agriculture (DAG), aux petits soins pour ces nouveaux arrivants particulièrement attendus. “Pour nous, c’est une très bonne nouvelle ! C’est un dossier qu’on a commencé il y a plus de trois ans, tous ensemble : le ministère, la DAG et les éleveurs, avec le soutien de la CAPL. C’était long et compliqué, mais on a réussi. Ils sont là, donc on va pouvoir commencer à travailler” , salue Bruno, éleveur et représentant de la coopérative Fa’a’apu Manahune, tout en soulignant “des échanges importants entre la Polynésie et la Nouvelle-Calédonie”. “Disséminer cette nouvelle génétique et développer la filière” Au-delà de la passion qui les anime, il s’agit pour les éleveurs de produire et de se rémunérer. Cette fois-ci, le coût global de cette opération, qui avoisine les 15 millions de francs, est donc entièrement supporté par le Pays avec une approche collaborative. “L’objectif, c’est de travailler en partenariat avec les éleveurs pour disséminer cette nouvelle génétique et développer la filière bovine. C’est complété par l’alimentation et les bonnes pratiques d’élevage, toujours dans l’objectif de mieux produire. En sachant que l’élevage bovin présente l’avantage de produire quasiment sans intrant extérieur, tout en étant associé à des services écosystémiques comme l’entretien du paysage et la fertilisation des sols” , explique Thiry Teng, ingénieur agronome zootechnicien à la DAG. Tournant autour de 170 tonnes annuelles, la production polynésienne de viande bovine couvre environ 2 à 3 % de la consommation locale. À Tahiti, les veaux, hachis et pièces de bœuf s’écoulent dans les grandes surfaces et auprès des services de restauration collective, mais aussi depuis peu en vente en direct en partenariat avec l’abattoir de Papara. D’ici quinze jours, deux taureaux pourront rejoindre les élevages de la coopérative Fa’a’apu Manahune et de la SCEA Temanava, basées à la Presqu’île. Quant à leurs deux autres compagnons de voyage, ils poursuivront leur périple par voie maritime vers les élevages de Raiatea et Huahine dans les prochaines semaines. Leur mission de géniteur devrait débuter vers l’âge de 18 mois pour leur laisser le temps de s’acclimater et de poursuivre leur développement. Une convention prévoit que les futurs reproducteurs nés des meilleurs croisements puissent être à leur tour mis à la disposition d’autres éleveurs. “Ça nous tient à cœur qu’ils puissent bénéficier à toute la Polynésie : Tahiti et les Raromata’i, mais aussi les Marquises, qui en ont grandement besoin et qui devaient aussi réceptionner deux taureaux reproducteurs dans le projet initial” , souligne Bruno. En attendant de rencontrer leurs promises polynésiennes, les quatre stars calédoniennes ne passent pas inaperçues sur la route du belvédère de Taravao, où les touristes et les riverains s’arrêtent pour les observer pour le plus grand bonheur des enfants comme des éleveurs. Deux races tropicalisées Originellement issus des zébus, les premiers taureaux reproducteurs de race Brahmane importés au Fenua en 2012 ont fait leurs preuves, suivis des Droughtmaster et Brahmousin à partir de 2017 et 2022. Ces quatre nouveaux géniteurs sont d’ailleurs à nouveaux issus de ces croisements, puisqu’il s’agit de deux Droughtmaster (Brahmane et Shorthorn) et deux Brahmousin (Brahmane et Limousine). Ces races sont réputées pour leur résistance à la chaleur et aux maladies, dont la babésiose et anaplasmose bovines transmises par des tiques, qui représentent un fléau pour les élevages. Leur productivité en termes de croissance, de rendement de carcasse et de qualité de viande est associée à un tempérament plutôt docile et des vêlages peu risqués. Autant d’atouts qui tendent à limiter les frais en milieu insulaire. Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti
