“On n’a plus confiance en notre président”
Tahiti, le 29 octobre 2026 - “C ela fait plaisir d'être entendu, écouté, compris” ont assuré les médecins du CHPF à la sortie de leur rencontre avec les élus de l’assemblée, ce jeudi. Contrairement à ce que le gouvernement leur a annoncé, les élus, eux, “ nous disent qu'il y a des sous” et les médecins “veulent être mieux rémunérés (…) se rapprocher plus de ce que touchent les taote du privé” . “Le plus vite on sortira de la grève, mieux on se portera et les représentants du peuple (…) nous ont entendus et nous ont rassurés”, a annoncé Patrick Galenon, le secrétaire général de la CSTP-FO, au sortir de la réunion avec élus de tous les partis politiques de l’assemblée, jeudi. Plus question jeudi soir de parler de démission des chefs de service du CHPF. “Comme je vous l'ai dit, les élus du peuple nous ont entendus et nous ont rassurés (…) les statuts vont être revus avec eux”, assure le patron de la CSTP-FO. Rappelons qu’en 2024, les médecins avaient aussi posé leur démission. C’était “ un cri d'alerte”, assure le chef du service des urgences du CHPF, Tony Tekuataoa, ajoutant qu’elles ont été “refusées” . Selon lui, la situation va de mal en pis : “Est-ce que nous, on doit porter la responsabilité administrative d'un système qui s'effondre ? Non, je suis désolé” . “Ils veulent (…) se rapprocher plus de ce que touchent les taote du privé” Une des principales revendications des médecins est financière. “Ils veulent être mieux rémunérés, se rapprocher plus de ce que touchent les taote du privé parce que la différence est telle que l'ensemble des taote du public vont aller vers le privé”, indique le syndicaliste. Et s’ils le font, “cela va coûter à la CPS trois fois plus cher”. Mais s’ils n’ont pas de numerus clausus, ils ne pourront pas exercer. Patrick Galenon a rappelé que le budget du Pays est voté par les élus de Tarahoi et que contrairement au gouvernement, ces derniers “ nous disent qu'il y a des sous, moi j'ai toujours fait confiance aux élus du peuple (…). On n’a plus confiance en notre président” . Selon lui, les élus vont les soutenir et vont faire en sorte “ qu'on puisse sortir le système de santé de la déchéance dans laquelle il est” . Des paroles rassurantes au point que jeudi, le patron de la CSTP-FO indiquait qu’ils allaient retourner “ vers la base pour savoir si on continue (…) ou on arrête” et ce même si aucun protocole d’accord n’est signé avec le Pays. “Vous savez, les protocoles d'accord, j'en ai fait tellement. Il y a même des protocoles où j'attends toujours les résultats. Mais des fois, il est préférable d'entendre la parole donnée. Des fois, la parole vaut plus que des écrits .” Taote Tony Tekuataoa est clair : “Ce qu'on veut, c'est être attractif”. Et cela passe par une indexation de 1,5 contre 0,99 actuellement. “N otre demande, c'est d'être équitable en fonction de toutes les catégories socioprofessionnelles localement” . Cette revalorisation va permettre de “ capter d'abord la ressource et surtout nos enfants (…). Aujourd'hui, en Polynésie, on travaille plus, on gagne moins” . Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti
