Air Tahiti et la Somstat assignés au tribunal
Tahiti, le 28 octobre 2026 - La grève à Air Tahiti et celle à la Somstat se déplacent au tribunal. D’une part parce qu’Air Tahiti a accepté qu’Air New Zeland et Air France fassent venir des pistards étrangers pour remplacer le personnel gréviste. Une pratique pour laquelle la CSIP accuse “l'État de fermer les yeux” . Et d’autre part parce la Somstat ne respecte pas le code du travail en faisant travailler des salariés sept jours sur sept. Depuis le début de la grève à Air Tahiti, le 22 octobre, deux rencontres ont eu lieu, mardi et mercredi, entre la direction et les syndicats. Cyril Le Gayic de la CSIP résume les négociations en une phrase : “On parle en l’air, c’est un dialogue de sourds, et les négociations n’avancent pas du tout” . Il considère que la direction, soit se moque des grévistes, soit “ veut priver les îles de transport aérien” . En tout cas, pas question pour lui qu’elle fasse endosser toutes les conséquences de la grève au personnel gréviste. “On ne bloque pas les avions, en plus ils sont avitaillés. Nous, tout ce qu’on a fait, c’est de poser des recours devant le tribunal” . La secrétaire générale du Syndicat du personnel navigant commercial d’Air Tahiti (Spencat), Titaina Viriamu, partage l’avis de Cyril Le Gayic et assure : “On ne peut pas vraiment appeler cela des négociations” . La syndicaliste confie que des contrepropositions ont été faites et que “certains points ont été revus à la baisse concernant par exemple les femmes de ménage” . Titaina Viriamu avance également qu’au bout de plusieurs années, “elles ont enfin reçu leur voiture de service. Pour l’instant, elles ne l’utilisent pas encore et sont en attente des laisser-passer pour aller en zone réservée et de l’assurance”. Elle ajoute d’ailleurs qu’il y a “toujours un véhicule à réformer et la direction s’est engagée à le réformer dans le budget de l'année prochaine. On a demandé un engagement ferme par écrit” . Selon la syndicaliste, la direction leur a demandé “de la souplesse”, notamment dans leur planning. La secrétaire générale de la Spencat rappelle qu’en 2016, le personnel navigant commercial (PNC) avait fait grève pendant trois semaines “pour pouvoir avoir plus de stabilité dans nos plannings, dans nos vies de famille. Et là, ils veulent revenir sur un acquis qu'on a eu en posant les sacs tout simplement parce que la direction veut faire une politique d'étouffement, mais on a quand même une vie et une famille. C'est pour ça que certains ne font pas l'international”. Pas question non plus pour les PNC de “lâcher” sur la prime de fouille sûreté : “On ne veut pas engager la signature et la responsabilité d'un PNC. Et la direction ne veut pas non plus prendre des prestataires parce que ça coûte plus cher, alors que c’est la direction qui l’a proposé” . “L’État femme les yeux” La semaine dernière, Cyril Le Gayic dénonçait la présence, sur le tarmac, de pistards “étrangers de Nouvelle-Zélande et de France pour remplacer le personnel gréviste, alors que la loi l'interdit. On a mis la direction d’Air Tahiti devant le tribunal”. Ce dernier avance que “compte tenu du manque d'effectifs d’Air Tahiti, Air New Zeland a demandé qu’ils puissent travailler sur leurs propres avions et la direction a dû accepter. Pourtant, Air Tahiti sait qu’il est interdit de faire venir des étrangers” . Le syndicaliste avance qu’il a des photos et des vidéos pour appuyer ces propos, “donc ils ne peuvent pas nier l'existence des infractions commises par la direction d’Air Tahiti sur le tarmac” . Il dénonce aussi le fait que “l'État femme les yeux et je ne peux pas cautionner ça, c’est pour cela que je passe à la vitesse supérieure” . Le syndicaliste rappelle que la grève est un droit constitutionnel. Il rappelle aussi que “la plateforme aéroportuaire est de la responsabilité de l'État. En plus, il doit leur donner un permis de travail sur le territoire” . Il pointe aussi la responsabilité de l’Aéroport de Tahiti (ADT) qui, selon le syndicaliste, “se doit de contrôler s’ils ont le permis de travail et le permis d'accès au tarmac” . Cyril Le Gayic de la CSIP “J'attaque aussi la Somstat” “À la Société de manutention, de stockage et de transport pour l'aviation ( Somstat), c'est pareil, c'est le statu quo, c'est aussi un dialogue de sourds. La direction nous a demandé, sur les 17 points de revendication, quels sont ceux que l’on considère comme étant urgents. On en a choisi quand même 9 qu’on a soumis et lorsqu'on a rencontré la direction, elle nous a dit qu’elle ne peut pas répondre à nos propositions, alors que c'est elle qui nous les a demandés. Je crois qu'ils se sont entendus avec Air Tahiti pour dire qu'on ne peut pas répondre (…). Il y a beaucoup d’infractions. On a constaté qu'ils ont fait venir des intérimaires, alors que la loi interdit de remplacer le personnel gréviste. Ils ont fait travailler des salariés sept jours sur sept. La loi interdit de travailler sept jours sur sept et la direction de la Somstat me dit que le salarié a pris l’initiative de travailler samedi et pourtant elle sait qu’il n’est pas sur le planning, mais ils ont laissé faire, parce que ça les arrange. Et s’il y a un accident, qui va porter la responsabilité ? Et la direction est capable de dire ‘je ne vous ai pas demandé de venir, vous prenez vos responsabilités’. La loi interdit aussi de dépasser 48 heures par semaine, et là il a dépassé les 56 heures hebdomadaires .” Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti
