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Air Tahiti : les pistards se sentent “oubliés”

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Tahiti, le 26 octobre 2026 - Les pistards domestiques d’Air Tahiti dénoncent une charge de travail de plus en plus grande, un manque de reconnaissance et s’inquiètent pour la sécurité et la sûreté puisque les jeunes qui sont sur la piste ont une eu formation très courte. Dans un communiqué envoyé aux médias, Air Tahiti fait le bilan des vols opérés depuis le début du mouvement social, jeudi dernier. Ainsi, sur les 197 vols programmés, 70 ont été annulés. La compagnie indique qu’elle “a veillé à assurer l’ensemble des vols charters scolaires prévus. Cette mobilisation a permis aux 820 élèves concernés de retrouver leurs familles” . À ce jour, assure Air Tahiti, 7 % des passagers sont “ encore en attente d’une solution de réacheminement” . Pour faire face à ces perturbations, Air Tahiti a affrété “quelques vols charters opérés par Air Moana et Air Tetiaroa” et certains passagers ont été placés sur l’Apetahi Express et le Vaeara’i. “Ce n'est pas un jouet qu’on tracte, on parle de milliards” Chaque jour, les grévistes se retrouvent à l’ombre du grand tumu ora situé derrière les bureaux de la compagnie aérienne. Et parmi eux, les pistards domestiques qui demandent l’attribution de la prime de tractage et de la conduite d’engin. Des demandes formulées depuis des années mais sans aucun résultat. “ Pendant des années, on a trimé sans même savoir qu’on pouvait avoir cette prime de conducteur d’engin. Pareil pour le tractage. Car c'est une responsabilité quand même, ce n'est pas un jouet qu’on tracte, on parle de milliards, là”, expliquent-ils. Ces derniers indiquent que la direction leur a toujours répondu que le tractage et la conduite d’engin font partie de leurs “fonctions et que c’était inclus dans notre salaire. Et pourtant, dans tous les corps de métier, il y a cette prime de conducteur d’engin. Il y a que nous qui n’y avons pas droit. On a aussi demandé une rétroactivité de cette prime, mais ils ne veulent pas. Aujourd’hui, on dit stop, c'est fini car il n’y a aucune reconnaissance”, affirment-ils. Un avion en plus sans compensation Les pistards racontent que c’est “grâce à un incident sur la piste que nous sommes là aujourd’hui” . En effet, Air Tahiti effectue des prestations sur la piste pour toutes les compagnies de la plate-forme aéroportuaire. Air Tahiti compte 13 ATR et s’occupe également des quatre avions d’Air Moana et de celui de Motu Link. “On a demandé à notre direction s’ils ont signé un contrat pour ce nouvel appareil (un avion configuré 100 % classe affaires débutera ses rotations le 8 décembre, NDLR) (…). Déjà qu’on était débordé et avec cet avion en plus, on a été plus que débordé (…). Et le salaire, lui, n’a pas évolué, même pas 100 francs en plus .” Les pistards assurent avoir demandé à la direction une prime pour “compenser cette charge de travail, la seule réponse qu’on a eu c’est : on verra après”. Ces derniers ajoutent que la direction “ nous a quand même forcé à nous occuper de cet avion, jusqu'au jour de l’incident (…). Au minimum, il faut être trois sur un avion mais ici, on le fait à deux voire tout seul. Après cet incident, on s’est tous dit que maintenant, on va suivre les procédures” . Les pistards insistent sur le fait que les contrôles avant les départs des avions sont “importants et au moindre doute, on préfère vérifier quitte à immobiliser l’avion au sol plutôt que de prendre un risque”. “Les procédures sont complexes mais c’est pour la sécurité des passagers donc dès qu'il y a une petite lumière qui s’allume, on vérifie tout, quitte à ce que l’avion soit bloqué, même s’il n’y a rien de grave, mais c’est une question de sécurité”, disent-ils. “On est des oubliés” Les pistards ont un rôle important sur les plateformes aéroportuaires. Ils s’occupent du chargement et du déchargement des soutes d’avions, ils guident les pilotes lors des départs et arrivées, ou lorsqu’un avion doit se mettre sur un parking, ils placent également les cales sous les roues des appareils. Avant chaque départ, ils inspectent l’avion pour voir s’il n’y a rien de douteux. Ils tractent aussi les avions et veillent à la sécurité et à la sûreté sur la plateforme aéronautique. “C’est une grande responsabilité car il y a des passagers à bord de chaque avion. On fait comme si notre famille est dedans donc on ne laisse rien passer. Au moindre doute, on en parle au tomana ou aux mécaniciens”, disent-ils. Ces hommes de l’ombre font également état de leur charge de travail et psychologique et évoquent la pénibilité de leur travail car “tous les jours, tu as 85 décibels dans les oreilles, même le casque ne suffit pas” . “On a déjà dit à nos supérieurs de venir voir sur le terrain comment cela se passe, surtout avant les départs et retours de la Hawaiki Nui. Ils vont voir que sur le papier et sur le terrain, ce n’est pas du tout la même chose. Là, vous allez voir le bordel avec toutes les pannes, les changements d'avion, ce n'est pas un petit truc.” Ils regrettent que les responsables ne comprennent pas toujours les raisons des retards. Selon eux, le directeur des opérations de sol “ne transmet pas les informations” . Une personne de la Direction générale de l’avion civile de l’État les “a félicités pour ce qu’on fait . Je ne sais pas s'il y a d'autres pays qui font ça car on gère même au niveau de la sécurité et sûreté. Après, on demande juste une reconnaissance, une compensation. On est vraiment les oubliés .” “ Il y a beaucoup d’argent foutu à la poubelle” Certains disent que “beaucoup d’argent est foutu à la poubelle” . Ils font référence aux groupes électriques achetés par la compagnie et qui sont aujourd’hui dans “ le fond d’un hangar, bien cachés. Il y en a pour des millions dans ce hangar” . Ils regrettent que la compagnie ne leur demande pas leur avis. “Il n’y a aucune consultation du personnel pour savoir nos besoins et ceux qui prennent ces décisions ne sont pas du tout techniciens. En fait, ils économisent sur le matériel et sur le personnel (…).” Beaucoup d’entre eux pointent également du doigt le fait que certains de leurs collègues forment des jeunes alors qu’ils “ne sont pas agréés” pour le faire. Ils ajoutent que “normalement, nos chefs faisaient les formations et touchaient une prime de 30 000 francs. Et comme la direction a supprimé cette prime, ils ne veulent plus former et c’est nous qui le faisons. En plus, on ne nous a pas demandé notre avis, surtout que nous, on ne nous donne même pas un franc” . Les pistards font part de leurs craintes quant à la sécurité et la sûreté puisque “ces jeunes ont reçu une formation d’une semaine et ils sont déjà sur la piste” . Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti

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