Festival des Jeux du Fenua : ouvrir le débat sur les écrans
Tahiti, le 9 octobre 2026 - À l’occasion du Festival des Jeux du Fenua, une table ronde est organisée ce samedi à la Maison de la culture sur la place du jeu dans la vie des enfants. Une partie de jeu vidéo ne signifie pas qu'on y passe toute la journée. C'est l'un des messages portés par les organisateurs du Festival des Jeux du Fenua, qui proposent samedi, à la Maison de la culture, une table ronde ouverte aux parents, aux éducateurs et aux soignants. Avec la psychologue clinicienne Caroline Bonnard et Danilo Tuahivaatetonohiti, de l'Association E-Sportive de Polynésie française (AESPF), l'objectif n'est pas de condamner les écrans, mais d'interroger la place du jeu dans la vie des enfants. “Le but d'une conférence, c'est d'avoir un débat”, explique Caroline Bonnard. Voire, précise-t-elle, de provoquer “une introspection”. Car derrière la question des écrans se cache un enjeu plus large : celui du cadre dans lequel les enfants grandissent et jouent. Pour Danilo Tuahivaatetonohiti, l'exemple de la boxe est parlant. Si la bagarre est mal vue, la pratique de ce sport est tout à fait possible lorsqu'elle est encadrée. Le jeu vidéo peut, lui aussi, trouver sa place à condition d'en accompagner la pratique. Tout dépend également de l'enfant, rappelle Caroline Bonnard. Chacun a sa sensibilité et ne réagit pas de la même manière. La psychologue insiste notamment sur l'importance du jeu libre, celui qui laisse place à l'imagination : une banane devient un téléphone, un carton d'emballage se transforme en navette spatiale... Elle évoque des études selon lesquelles les enfants qui ont pu expérimenter ce type de jeu et prendre de petits risques présenteraient moins de symptômes dépressifs et phobiques en grandissant. Sans garantir que tous seront épanouis, cette liberté peut contribuer à leur développement. Encore faut-il que les parents puissent trouver des repères. “Il n'y a pas d'école de la parentalité”, se rejoignent les deux intervenants. La rencontre veut justement leur offrir un espace d'échange, sans jugement ni réponse toute faite. Une initiative portée par la Guilde des Aventuriers, organisatrice du festival, présidée par Caroline Bonnard. Pendant ce temps, Haumea, 8 ans, découvre d'autres jeux. Championne d'échecs, elle est fière d'être “arrivée première au dernier tournoi”, raconte-t-elle ce vendredi, entre deux parties de cartes. Pour cette troisième édition, le Festival des Jeux du Fenua a quitté les jardins de Paofai et la place To'ata pour s'installer à la Maison de la culture, dans une ambiance plus “familiale”. Gratuit, le rendez-vous avait réuni près de 4 500 personnes lors des précédentes éditions, des enfants dès 3 ans jusqu'aux matahiapo. Une façon de rappeler que le jeu ne se limite ni aux écrans ni à une tranche d'âge, mais reste un moyen de découvrir le monde, d'apprendre et de partager. Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti
