Extrême-Nord : une unité du BIR annoncée au Lac Tchad pour stopper l’hémorragie sécuritaire et humanitaire
© DR Alors que plus de 800 déplacés s'entassent sans latrines au stade de Maroua et que des villages entiers se vident à Waza et Makary après le carnage de Madegwa, le gouvernement annonce la création d'une nouvelle base du Bataillon d’intervention rapide -BIR. L'Extrême-Nord face à une double crise. D'un côté, l'insécurité grandissante avec la recrudescence des attaques attribuées à Boko Haram. De l'autre, une crise humanitaire avec des milliers de déplacés. Pour y répondre, Yaoundé annonce la création d'une unité du Bataillon d'Intervention Rapide (BIR) dans le bassin du Lac Tchad, à Waza. Tout se fait dans un contexte explosif : le carnage de Madegwa déclenche l'exode. La situation s'est accélérée après la nuit du 16 au 17 septembre 2026. À Madegwa, dans l'arrondissement de Makary, une attaque attribuée à Boko Haram a fait 15 morts et plusieurs blessés. Depuis, c'est la panique. Par crainte de nouvelles incursions, les populations fuient en masse les localités frontalières. Plus d'une quinzaine de villages sont concernés : Samké, Ndjikina, Malia, Salé, Bladolé, Mada 1 et 2, Layola, Toukoumaya, Choloba, Zigagué, Zigué, Touga, Kola, Bilé Kotoko, Bilé Mousgoum, Tagawa... Conséquence directe de cet exode : les centres urbains débordés À Waza, chef-lieu de l'arrondissement, de nombreuses familles ont trouvé refuge dans des salles de classe. Elles vivent dans des abris de fortune en paille et en bâche, exposées aux intempéries et aux maladies. À Maroua, la situation est encore plus critique. Depuis le 10 septembre, plus de 800 personnes venues de Salé et Zigagué ont trouvé refuge au stade Yaya Daïrou. Hommes, femmes et enfants dorment à même les gradins, sans dispositif sanitaire dédié : pas de latrines, pas d'accès suffisant à l'eau potable, pas de système de gestion des déchets, aggravant les risques de contamination au choléra présent dans la région. La réponse de Yaoundé : une base du BIR à Waza C'est dans ce contexte que le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, accompagné du ministre de l'Administration Territoriale, était en mission d'évaluation sécuritaire lundi 28 septembre 2026 dans l'Extrême-Nord. À l'issue de cette mission, l'annonce est tombée. La création d'une base du Bataillon d'Intervention Rapide (BIR) dans l'arrondissement de Waza, au cœur du bassin du Lac Tchad. Dénommé BIR Lac-Tchad, l’unité se compose de plus de 1 000 éléments dont environ 800 ont été déployés. Les autres vont retrouver la base de manière progressive, a fait savoir le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense. L'objectif est de rapprocher le dispositif militaire des zones les plus exposées, dissuader les incursions, sécuriser les villages et permettre, à terme, le retour des déplacés. La mission a aussi eu un volet humanitaire, avec la distribution de 1 000 kits contenant des produits come du riz, de l’huile, du savon, des seaux, des sacs de couchage, des produits d'hygiène, à 5 000 bénéficiaires, soit 1 000 familles. Pour les populations restées sur place, l'espoir est désormais que cette présence militaire annoncée se traduise rapidement sur le terrain, pour stopper l'hémorragie et éviter que la crise sécuritaire ne se transforme en catastrophe sanitaire à Maroua. Cet article Extrême-Nord : une unité du BIR annoncée au Lac Tchad pour stopper l’hémorragie sécuritaire et humanitaire est apparu en premier sur Journalducameroun.com .
