Drame en milieu scolaire : le Barreau du Cameroun alerte sur quatre enfants décédés en 11 jours et exige des comptes
© DR Dans un communiqué au ton grave signé par sa vice-présidente Me Dorcas Nkongme, la Commission des droits de l'Homme du Barreau dénonce la "recrudescence des violences sur enfants en milieu scolaire" et révèle que quatre enfants ont perdu la vie entre le 7 et le 18 septembre, à peine trois semaines après la rentrée scolaire 2026. L'Ordre des avocats du Cameroun sort de son silence pour s’indigner de la mort successive des enfants en milieu scolaire. Un communiqué contient le réquisitoire des hommes et femmes de droit. Le document, authentifié et relayé sur la toile, cite trois établissements confessionnels situés à Bafoussam et Douala avec un bilan de quatre décès, et une série d'investigations en cours. Le Barreau reste prudent sur le fond des enquêtes en cours, mais dresse un constat factuel. Bafoussam, 09 septembre 2026, une fillette de 2 ans et demi, Inaya Mbouo, élève à l'École maternelle catholique de Koptchou (quartier Haoussa), est retrouvée inanimée dans l'enceinte de l'école. Elle décède après son transfert à l'hôpital de district de la Mifi. Bonabéri-Douala, 16 septembre 2026. Deux frères, 6 et 10 ans, scolarisés à l'École primaire catholique de Ngwelle, décèdent à quelques minutes d'intervalle après avoir présenté un malaise brutal au sein de l'établissement, alors qu'ils étaient partis en bonne santé de leur domicile le matin selon leurs proches. Douala, 18 septembre 2026. Une élève de 12 ans du Collège de la Salle décède à l'hôpital Laquintini des suites d'une agression sexuelle survenue au sein de son établissement, selon le communiqué. Au vu de ces différents cas, la Commission exprime "toute son empathie et sa solidarité envers les parents" et se dit disponible pour les accompagner afin que justice soit rendue. "Le corps humain est inviolable" Au-delà des faits, le Barreau porte un jugement sévère sur le système. "Ces autres tragédies viennent s'ajouter au registre des viols et agressions sexuelles sur mineurs qui continuent de tourmenter les populations du Cameroun, et témoigne non seulement de la régression des valeurs fondamentales qui sous-tendent notre nation, mais aussi de la légèreté dans la répression de ces crimes." Le texte rappelle l'affaire Joyce Nawal, toujours présente dans les esprits, et souligne que ces atteintes à la vie et à la dignité se sont produites "au sein des établissements scolaires, par ceux-là même qui ont la charge de protéger et d'éduquer". Pour la Commission, l'école ne peut se limiter à dispenser le savoir : elle doit garantir la sécurité des enfants qui lui sont confiés. Face à la situation, le Barreau énonce cinq exigences Aux écoles concernées, de collaborer "efficacement" avec les enquêteurs pour que toute la lumière soit faite et que les responsabilités soient établies. À tous les établissements, de renforcer à l’immédiat les mesures de sécurité et de surveillance pour éviter que ce genre d'horreur ne se reproduise. À l'État, de mettre en place "un système de protection de l'enfance en milieu scolaire". Aux autorités judiciaires, de mettre tous les moyens pour que les auteurs soient identifiés et déférés devant les juridictions compétentes. Aux médias et au public, de respecter le droit à l'image des victimes en évitant toute publication de leurs photos. Le Barreau rappelle enfin l'existence d'une cellule spéciale d'assistance aux victimes d'infanticides et de violences sur mineurs, joignable au (+237) 654 815 610. Un cri d'alarme qui intervient alors que les enquêtes des trois affaires sont toujours en cours à Bafoussam et à Douala suscitant l’indignation collective et une certaine pression sur els écoles et sur les autorités de faire la lumière sur les cas et de sanctionner les coupables éventuels. Cet article Drame en milieu scolaire : le Barreau du Cameroun alerte sur quatre enfants décédés en 11 jours et exige des comptes est apparu en premier sur Journalducameroun.com .
