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Crise sanitaire en Polynésie : le service public de santé s'enlise dans un “mode dégradé” chronique

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Tahiti, le 26 septembre 2026 - Urgences sous tension, désertification médicale des îles et appel pressant à la réforme. Le Syndicat des praticiens publics de Polynésie française (SPPPF) tire la sonnette d’alarme. La pénurie de taote menace directement la sécurité des patients, alors que s'annonce une saison cyclonique à haut risque. Le syndicat pointe du doigt, qu’en matière de santé publique en Polynésie, ce qui relevait autrefois de l’exceptionnel est devenu la norme. Dans les archipels, les situations critiques se succèdent : Huahine a traversé des périodes de carence totale en consultations avant de tourner au ralenti avec un seul médecin : Bora Bora a dû confier l'intégralité de son centre médical à un seul praticien fin août, entraînant le report de nombreux actes non urgents ; et Uturoa fonctionne en mode dégradé en raison d’un manque crucial d’urgentistes depuis des lustres. Et cette situation n’épargne pas Tahiti. À Taravao, l’hôpital a frôlé la rupture au printemps avec seulement trois médecins titulaires en poste sur les six nécessaires. En juillet, l'absence de remplaçants a forcé une réorganisation lourde, obligeant à solliciter des généralistes et à réorienter les cas complexes vers le Centre hospitalier (CHPF) du Taaone. Au cœur du système, le CHPF subit de plein fouet des vacances de postes dans des spécialités clés (oncologie, radiothérapie, néphrologie, radiologie, chirurgie thoracique et vasculaire), pesant lourdement sur l'ouverture des lits et les blocs opératoires. Pour le syndicat, le mal est profond et touche directement la relève. Si de nombreux étudiants polynésiens formés dans l'Hexagone affichent le désir de revenir exercer au Fenua, la réalité du terrain les rebute. Une enquête menée en 2025 par l'Association de Jeunes Médecins Polynésiens auprès de 140 praticiens révèle un chiffre éloquent : 77,3 % d'entre eux souhaitent rentrer, mais refusent d'intégrer le service public dans les conditions actuelles. Postes vacants permanents, absence de soutien et surcharge de travail : l'équation repousse une génération entière de médecins prêts à s'investir pour leur pays, mais en quête de conditions d'exercice viables. “On ne peut pas demander aux jeunes médecins de revenir dans un système qui ne leur garantit ni équipe, ni soutien, ni conditions d’exercice acceptables” , déplore le SPPPF. Cette fragilité chronique prend une résonance alarmante à l’approche de la prochaine saison des pluies. Face à la menace, l'inquiétude grandit chez les professionnels. “La préparation aux crises commence par des effectifs suffisants au quotidien” , martèle le Dr Tony Tekuataoa, chef du service des urgences du CHPF. En cas d'événement majeur touchant simultanément plusieurs îles, l'édifice sanitaire, déjà sous tension, risquerait de s'effondrer. Pour le syndicat, la solution ne réside plus dans des rustines ou des réformes au rabais – à l'image des frustrations nées de la réorganisation statutaire des infirmiers en 2025. Depuis plus de dix ans, les professionnels de santé portent un projet de réforme globale pour l'ensemble des carrières médicales (médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes). L'objectif est clair : briser la fatalité de la pénurie par l'attractivité, des équipes renforcées et une considération réelle du terrain. Le message des soignants est unanime : sauver la santé publique exige du courage politique et des actes immédiats. Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti

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