Procès pour viol à Bora Bora : le récit de la victime jugé “cohérent”
Tahiti, le 24 septembre 2026 - Au deuxième jour du procès d’un homme accusé d’avoir violé et tenté de violer une ancienne collègue dans un resort de Bora Bora en 2019, la cour d’assises s’est penchée sur les expertises psychologiques et médicales réalisées dans le cadre de l’affaire. Une psychologue clinicienne décrit chez la victime un état de stress manifeste, de l’anxiété et une faible estime d’elle-même, tout en jugeant son récit “cohérent” et sans contradiction. L’examen médical de l’accusé n’a, de son côté, pas permis de retrouver les taches blanches que la jeune femme affirme avoir vues sur son corps au moment des faits. Au deuxième jour du procès d’un homme accusé d’avoir violé et tenté de violer une ancienne collègue dans un resort de Bora Bora en 2019, les débats étaient consacrés aux expertises psychiatriques et psychologiques de la victime. La jeune femme, alors âgée de 24 ans, a fait l’objet de quatre examens. Une situation particulière dans ce type de dossier. L’un des experts, absent pour des raisons de santé, n’a pas pu se présenter à la barre. Une psychologue clinicienne, qui avait réalisé deux examens de la victime, est en revanche venue présenter ses constatations. Elle décrit notamment une jeune femme sensible au regard des autres, avec peu de confiance et d’estime d’elle-même, ainsi qu’une crainte de ne pas être crue. Elle relève également un fond d’angoisse, un sentiment d’insécurité, une tristesse constante et des émotions marquées par le doute et l’anxiété. La victime se dit par ailleurs davantage en insécurité avec les hommes qu’avec les femmes. La psychologue ne relève ni impulsivité, ni trouble de l’inhibition, ni difficulté d’attention ou de concentration. Elle décrit également une attitude honnête envers les autres, “sans faux-semblant”. Elle indique que la jeune femme avait déjà été victime de violences conjugales entre 2013 et 2014, lors de sa première relation. Un récit jugé “cohérent” Au moment du premier examen, un mois après les faits, la psychologue relève un état de stress manifeste, sans pouvoir encore se prononcer sur une éventuelle évolution vers un état de stress post-traumatique. La victime évoque alors des sentiments de honte et de culpabilité. Si elle a repris ses activités professionnelles, elle reste confrontée à une profonde anxiété. La psychologue observe également une tendance à superposer les couches de vêtements, pouvant traduire une volonté de se protéger ou de dissimuler ses formes. La victime évoque, elle, un sentiment de “dégoût” envers elle-même. Dans ses conclusions, la psychologue décrit une jeune femme qui s’exprime “de face” et de manière claire. Aucun trouble de l’élocution ou autre trouble instrumental n’est relevé. Son récit lui apparaît “cohérent”, sans élément illogique, ni contradiction. Le contexte dans lequel les faits ont été révélés ne présente, selon elle, rien d’anormal. Elle ne relève pas non plus d’influence extérieure susceptible d’avoir encouragé la victime à mentir. Pour la psychologue, la réalité exprimée par la jeune femme correspond à un vécu victimaire : “Tout rentre dans les cases”, conclut-elle. Quelques vergetures, mais pas de taches blanches Le médecin légiste du CHPF a ensuite été appelé à la barre. Son expertise médicale de l’accusé, réalisée le 23 juin 2022, devait notamment répondre à une question précise : les vergetures et taches blanches décrites par la victime au niveau du bas-ventre et des parties intimes de son ancien collègue pouvaient-elles être visibles dans les conditions décrites ? Habillé d’un tee-shirt et d’un bermuda, l’accusé ne présente aucune particularité visible. Torse nu, le médecin relève quelques vergetures, notamment sur les flancs, mais aucune tache blanche. Nu, il constate à nouveau quelques vergetures, sans retrouver de dépigmentation. L’absence de taches blanches au moment de l’examen ne permet toutefois pas, selon l’expert, d’exclure qu’elles aient pu être présentes auparavant. Il évoque notamment des traces liées à un pityriasis ou à une mycose cutanée. M e Isabelle Nougaro, avocate de la défense, interroge alors le médecin sur la possibilité de voir de telles marques dans l’obscurité, les faits dénoncés s’étant déroulés durant la nuit. L’expert explique qu’une certaine luminosité est nécessaire pour distinguer ces taches. À ce stade, les débats restent donc marqués par deux récits qui s’opposent : celui de la victime, qui maintient ses déclarations sur le déroulement des faits, et celui de l’accusé, qui conteste les “fausses” accusations portées contre lui. Ce vendredi, les deux avocates plaideront. La cour rendra ensuite sa décision sur la culpabilité de l’accusé. Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti
