Osmose à l'assemblée sur la résolution "ONU"
Tahiti le 24 septembre 2026. Jeudi matin, les élus de l’assemblée de la Polynésie française ont voté par 54 voix pour le « projet de résolution relative à la mise en œuvre effective du processus d’autodétermination de la Polynésie française sous l’égide des Nations Unis. » Un vote quasi unanime émaillé par deux sorties. Celle de Steve Chailloux, et surtout celle d’Oscar Temaru qui n’a fait qu’exposer son désespoir de voir son parti lui glisser entre les doigts, l’indépendance s’éloigner alors que la fin de vie approche. Un vote simple, unanime ou presque, et sans envolée lyrique, exceptée celles de Steve Chailloux, puis celle d’Oscar Temaru. La résolution pour demander à l’ONU de missionner une équipe en Polynésie française afin de recueillir les velléités et les oppositions à la mise en œuvre d’un processus d’autodétermination est passée comme une lettre à la Poste. Quelques amendements ont bien été déposés afin de clarifier les réelles intentions de chacun des groupes à l’heure de la signature de la proposition de résolution, mais ces derniers ont été adoptés sans discussions. Pour le Tavini, ce vote revêtait un caractère historique, alors que le Tapura s’est contenté de répéter qu’en aucun cas, avaliser la démarche signifiait adhérer à une quelconque forme de mise en place de processus d’autodétermination. Mais puisque le Pays se brise à chaque élection, à chaque prise de parole, sur la dualité autonomie/indépendance, peut-être était-il temps pour les uns et les autres d’ouvrir la discussion sous l’égide de l’ONU, à défaut de pouvoir en discuter avec l’Etat, qui reste ferme dans sa position. "Cela fait 40 ans que nous nous opposons au sein de cette assemblée, parfois de manière forte et violente" , a rappelé Edouard Fritch. "C’est un sujet qui nous a toujours opposé et c’est pour cette raison que nous avons choisi d’aborder ce texte avec le plus grand sérieux. » Il n’a pas oublié de préciser pour autant : "Une démarche d’information n’est pas un choix institutionnel." Ni le Tavini, ni A fano ti’a ne s’engouffreront dans la brèche pour faire dire l’inverse aux autonomistes sur le sujet. Revenant sur les divergences politiques entourant le concept d’indépendance, Tony Géros a reconnu que "cette résolution n’avait pas pour vocation à les effacer" , mais qu’elle permet de poser deux questions. "La première quel avenir institutionnel chacun souhaite pour le Pays, la deuxième, la méthode démocratique permettant à notre peuple de décider lui-même de cet avenir." La mise en garde de A here ia Porinetia Sans vouloir jouer les rabat-joie, Nuihau Laurey, qui a préféré que Nicole Sanquer et lui s’abstiennent sur la résolution, s’interroge sur la portée, autre symbolique, de cette résolution. "Qui évalue qui ?" , a-t-il demandé alors que la plupart des membres du C24, comité de décolonisation à l’ONU, ne sont pas elles-mêmes des démocraties exemplaires. Surtout, en 24 ans, l’ONU n’a permis à aucun territoire d’accéder à sa souveraineté et ses finances se sont dégradées, oblitérant, selon Nuihau Laurey, la capacité d’action de l’Organisation. Enfin, même si l’ONU en avait les moyens, elle se heurterait à l’Etat, la charte des Nations Unies lui interdisant de prendre la moindre décision à la place d’une puissance administrante. "Sans l’accord de Paris, pas de mission, pas de programme, pas de calendrier" , a rappelé Nuihau Laurey. Avec 54 voix, le texte est finalement passé haut la main. Seul Oscar Temaru, absent, n’a pas pris part au vote, mais s’exprimera a posteriori l’après-midi. Steve Chailloux dégonde Steve Chailloux, A fano ti’a il y a encore deux semaines, a été l’auteur d’une violente charge hier contre le président du Pays. Les jeunes diraient aujourd’hui, une sortie toute en « seum ». Lui reprochant son absence lors des débats sur un sujet aussi important pour participer à l’inauguration de la Foire agricole, celui qui s’est longtemps vu ministre de la Culture, sans jamais accéder au Graal, est sorti de ses gonds. Il s’en est ouvertement pris au président absent "comme d’habitude" . Dans un discours confus, le représentant Tavini a tapé du poing, au propre comme au figuré. "Ce que j’ai entendu du discours de Moetai Brotherson (lu par Vaninna Crolas en l’absence du président), c’est ‘Je me moi vau’." Revenant sur la résolution de l’ONU de 2013 plaçant la Polynésie française sur la liste des territoires non autonomes, l’élu est allé plus loin. "Cette résolution n’est pas le fruit du travail seul de l’ancien collaborateur Moetai Brotherson. Par contre, ce que nous constatons, comme d’habitude, c’est son absence. (…) Ce que j’entends dans le discours de Moetai Brotherson, c’est que du blabla." Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti
