Surexposition des enfants aux écrans : l'APSP veut "réveiller le service public" et "interdire les écrans aux moins de 6 ans dans les salles d'attente"
Tahiti, le 23 septembre 2026 - L'Association Partage Santé Pacifique lance un appel pour des espaces publics “zéro écran, 100 % jeu” pour les enfants de moins de 6 ans. Elle propose que le Pays commence par interdire les écrans dans les salles d'attente. Le premier événement d'une série se tiendra le jeudi 1er octobre 2026 à 9 heures au foyer Fare Te Aho O Te Here. Pour la première fois, l'Association Partage Santé Pacifique (APSP) se transforme en lanceuse d'alerte. Son président et fondateur, Philippe Biarez, le dit sans détour : en cas de surexposition des enfants aux écrans, “les conséquences peuvent être importantes”. C'est pourquoi cette association de plus de 20 ans appelle les décideurs à “réveiller le service public”. Mais pas question de faire culpabiliser. “Les pauvres parents n'y sont pour rien”, insiste-t-il. L'objectif est de les accompagner, pas de les accabler. Il reste que le constat est inquiétant : retard de langage, troubles de l'attention et de la mémoire, troubles du comportement. Les professionnels de santé et les enseignants de maternelle et de CP observent ces difficultés chez des enfants exposés régulièrement aux écrans avant même leur entrée à l'école primaire. Selon l'APSP, les écrans, quels qu'ils soient, perturbent le développement du cerveau des plus jeunes. Ils saturent leurs capacités d'attention, réduisent les échanges au sein de la famille, dégradent le sommeil et réduisent l'activité physique. L'association veut corriger un malentendu : laisser un téléphone à côté d'un bébé n'a rien de positif, alors que l'usage du téléphone est souvent perçu comme bénéfique. Le problème est tout aussi lourd dans les îles. Médecin en soins de santé primaire, consultant et formateur en santé, Philippe Biarez a déjà vu ces conséquences sur le terrain. “À Rapa, il y a 500 habitants avec une école de 100 enfants, et une dizaine d'entre eux avaient des troubles liés aux écrans”, relate-t-il. Ces situations demandent des praticiens spécialisés, “mais il n'y en a pas dans les îles”. Dans ce contexte, l'APSP estime qu'“aujourd'hui rien ne bouge vraiment en Polynésie”. Il y a peu de conseils aux familles, aucune campagne, et même pas de registre recensant le nombre de lieux concernés. Objectif de 1 000 signatures L'association propose donc de commencer à œuvrer avec un lieu très concret : la salle d'attente. C'est là que, “pour faire passer l'attente”, donner un téléphone à l'enfant est souvent le premier réflexe. L'APSP demande que le Pays interdise les écrans aux moins de 6 ans dans les salles d'attente des services publics, comme on y interdit de fumer. Ces lieux devraient en échange être dotés de jeux et d'activités, et recommander aux adultes accompagnants de laisser leur propre écran de côté pour participer. Pour l’association, l'obligation doit s'étendre aux cabinets médicaux et aux salles d'attente des communes. “Ça ne suffira pas, mais c'est pour commencer quelque chose”, dit Philippe Biarez. La tribune, inspirée d'un texte lancé par des professionnels de santé en métropole en 2025, compte déjà 250 signatures. L'APSP en vise 1 000 d'ici la fin de l'année. De septembre à décembre, l’association mène une campagne de sensibilisation faite de petits événements dans des lieux fréquentés par les enfants. Le premier aura lieu au foyer Fare Te Aho O Te Here, le jeudi 1er octobre 2026 à 9 heures. Des professionnels y exposeront leur point de vue. L'association espère ensuite intervenir prochainement dans une école maternelle, avec la DGEE. Elle se dit prête à conseiller les institutions qui ont des salles d'attente, en leur proposant des pratiques et des solutions de remplacement pour palier l’usage des écrans. “Si d'autres entités le souhaitent, nos portes sont ouvertes pour faire le plus d'événements possibles.” Evénement de sensiblisation au Fare Te Aho O Te Here jeudi 1er octobre 202 à 9h00. Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti
